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 Etudes - Essais et histoires - La Mythologie Greco-Latine et la Mythologie Tolkienienne (2/2)
La Mythologie Greco-Latine et la Mythologie Tolkienienne


Cependant, les deux mythologies  présentent aussi des divergences significatives. Une première différence serait l’absence d’une divinité, telle Melkor 2, qui se serait tournée vers le Mal et contre son Créateur : mêmes si les Titans sont les ennemis des Olympiens et que beaucoup ont été envoyés au Tartare (région des Enfers où l’on subit des supplices), les Grecs ne voient pas le mal en eux. Par exemple Cronos (Saturne), qui est pourtant un Titan, était même vénéré (cf. les Saturnales, chez les Romains). Une autre différence entre les deux mythologies consiste dans le fait que les dieux grecs présentent un caractère humain avec ses qualités comme ses défauts : par exemple, Athéna (Minerve) se montre jalouse d’Arachné, une mortelle qui l’égalait en couture. On remarque d’ailleurs que les fonctions attribuées aux dieux grecs sont proches des préoccupations humaines - ainsi, Héra (Junon) est déesse du mariage et Aphrodite (Vénus) a pour attribution l’amour - tandis que les Valar ont des attributions plus proches de la nature, presque plus féeriques. On perçoit alors une différence essentielle entre les deux mythologies : elles n’ont pas du tout le même objectif .Alors que la mythologie gréco-latine a un but quasi-éducatif, (les mythes étant moralisateurs), celle de Tolkien semble dénuée de cette portée: sa mythologie répond au genre de la fantasy.

Ainsi, bien que les structures des deux mythologies et surtout des panthéons soient proches, il n’empêche que les différences de fond sont énormes. Certes, il ne faut pas oublier que la mythologie gréco-latine correspond à un assemblage d’histoires créées au fil des siècles par les peuples3 tandis que la mythologie tolkiennienne représente le travail d’un seul homme sur une période somme toute assez courte. Mais la complexité de sa mythologie prouve une fois de plus son génie.

 

1 On admet souvent le nombre de douze en ce qui concerne les Olympiens : on considère alors Poséïdon (Neptune) et Hadès (Pluton) comme n’étant pas Olympiens puisque leur lieu de résidence n’est pas l’Olympe mais le fond des Océans pour le premier, et les Enfers pour le second.
2 Melkor ou Morgoth semble quant à lui, tirer son origine de Lucifer (de lux, la lumière et ferre, porter en latin), le “Porte-Lumière”, qui était le plus bel archange que Dieu ait créé et qui, imbus de lui-même, s’est retourné contre son maître. Il fut envoyé dans les profondeurs de la Terre où il créa les Enfers.
3 En effet, les mythes se transmettaient oralement de port en port, d’où l’existence de plusieurs versions pour de nombreux mythes.



Essai envoyé par François Touchard

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